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Échelle de pH : définition, valeurs et tableau
Traitement de l'eau

L'échelle de pH de 0 à 14 : définition, valeurs et exemples pour la piscine

Comprendre l'échelle de pH en 2 min : définition, fonctionnement logarithmique, tableau acides/bases et application directe à l'eau de piscine. Guide clair

Alexandre DenisAlexandre Denis 18 min de lecture

L'échelle de pH va de 0 (acidité extrême) à 14 (basicité maximale), avec 7 comme point neutre. Elle est logarithmique : chaque unité correspond à une concentration en ions hydrogène multipliée ou divisée par 10. Pour une piscine, la plage idéale se situe entre 7,2 et 7,6 : en dehors, le chlore perd son efficacité, les équipements se dégradent et le confort des baigneurs est compromis (Wikipedia, 2025).

L'échelle de pH va de 0 à 14 et mesure l'acidité ou la basicité d'une solution aqueuse. Chaque unité représente une différence de concentration en ions hydrogène multipliée par 10 : un pH 5 est donc dix fois plus acide qu'un pH 6. Pour un propriétaire de piscine, comprendre cette échelle n'a rien d'un luxe : le confort des baigneurs, l'efficacité du chlore et la longévité des équipements en dépendent. Une eau dont le pH s'écarte de la plage 7,2–7,6 peut irriter les yeux, corroder les pièces métalliques ou rendre la désinfection quasi inefficace. Voici comment fonctionne cette échelle, ce que signifient ses valeurs, et comment l'utiliser concrètement pour l'entretien d'un bassin.

Qu'est-ce que l'échelle de pH ? Définition et principe logarithmique

Le pH, sigle de « Potentiel hydrogène », quantifie la concentration en ions hydronium (H₃O⁺) dans une solution aqueuse. Plus cette concentration est élevée, plus le pH est bas et plus la solution est acide. À l'inverse, une faible concentration en ions hydronium donne un pH élevé, synonyme de basicité. La notion a été introduite en 1909 par le chimiste danois Søren Sørensen, qui cherchait un moyen pratique d'exprimer l'acidité dans les brasseries Carlsberg (Wikipedia, 2025). Son invention a depuis envahi les laboratoires, l'industrie agroalimentaire, la cosmétique et, bien sûr, l'entretien des piscines.

L'échelle s'étend classiquement de 0 (acidité extrême) à 14 (basicité maximale), avec 7 comme point de neutralité. Cette neutralité correspond à l'eau pure à 25 °C : à cette température, les ions H₃O⁺ et OH⁻ y sont présents en quantités égales et parfaitement équilibrées.

Un point fondamental échappe souvent aux débutants : cette échelle est logarithmique, pas linéaire. Passer de pH 7 à pH 6 ne signifie pas une acidité « un peu plus forte », mais une acidité multipliée par 10. Un pH 5 est 100 fois plus acide qu'un pH 7. Cette propriété a des conséquences directes en piscine : une petite variation de 0,3 unité de pH correspond en réalité à un doublement (ou une division par deux) de la concentration en ions hydronium. Le dosage des correcteurs : pH+ ou pH- : doit donc être rigoureux, car l'effet d'un produit n'est jamais proportionnel à la valeur affichée par le testeur. Un écart apparemment mineur sur le cadran cache un déséquilibre chimique bien plus important qu'il n'y paraît.

Le pH signification : définition et valeurs clés pour votre piscine mérite une lecture attentive si le sujet vous est nouveau : cet article complémentaire détaille les implications pratiques pour l'entretien quotidien d'un bassin.

pH : signification du sigle et histoire (Søren Sørensen, 1909)

Le « p » de pH vient de l'allemand Potenz (puissance, potentiel), et le « H » du symbole chimique de l'hydrogène. Søren Sørensen, biochimiste danois, publie en 1909 un article fondateur où il définit le pH comme l'opposé du logarithme décimal de la concentration en ions hydrogène : pH = –log₁₀[H⁺]. Son objectif initial était purement pratique : contrôler l'acidité des moûts de bière chez Carlsberg. La notation s'est rapidement imposée comme standard international, bien au-delà des cuves de fermentation. Aujourd'hui, la définition officielle fait intervenir l'activité des ions hydronium H₃O⁺ plutôt que la concentration brute en H⁺, mais le principe mathématique reste le même (Wikipedia, 2025).

Pourquoi l'échelle est logarithmique et non linéaire

Les concentrations en ions H₃O⁺ dans les solutions courantes varient sur une plage colossale : de 1 mol/L pour un acide fort concentré à 10⁻¹⁴ mol/L pour une base forte. Représenter ces valeurs sur une échelle linéaire serait illisible. Le logarithme comprime cet intervalle en 14 unités maniables. Concrètement, une eau de piscine qui passe d'un pH 7,4 à 7,1 voit sa concentration en ions hydronium multipliée par 2. Une baisse à 6,4 représenterait une acidité 10 fois plus forte. En pratique, cette propriété explique pourquoi un correcteur de pH doit être dosé avec précision : ajouter « un peu plus » de pH- peut faire chuter le pH bien au-delà de l'objectif visé, avec des conséquences immédiates sur le confort et les équipements.

Acidité, neutralité et basicité : les trois zones clés

L'échelle se découpe en trois régions. De 0 à 6,9 : zone acide, dominée par les ions H₃O⁺. Le vinaigre (pH 2,5), le jus de citron (pH 2,4) ou le café (pH 5,0) y résident. Le pH 7 marque la neutralité : H₃O⁺ et OH⁻ s'équilibrent. De 7,1 à 14 : zone basique (ou alcaline), où les ions hydroxyde OH⁻ prédominent. L'eau de mer (pH 8,2), le savon (pH 9-10) ou l'eau de Javel (pH 11,5) illustrent cette plage. Cette partition n'est pas qu'un exercice de classification : chaque zone dicte le comportement chimique des produits qu'on y manipule. Un détartrant acide dissout le calcaire, un dégraissant basique saponifie les graisses : et une eau de piscine qui glisse vers la basicité inactive progressivement le chlore.

Tableau complet de l'échelle de pH : acides, bases et exemples du quotidien

Pour ancrer ces notions abstraites, rien ne vaut un tableau de référence associant chaque valeur de pH à une substance familière. Les données ci-dessous sont issues de la littérature scientifique consolidée par la page Wikipedia dédiée au potentiel hydrogène (Wikipedia, 2025), croisées avec les valeurs couramment admises en chimie des solutions.

Cette échelle visuelle permet de situer immédiatement un produit : le jus de citron (pH 2,4-2,6) est 10 000 fois plus acide que le café noir (pH 5,0). L'eau de mer (pH 8,2) est 10 fois plus basique que l'eau pure. Pour un propriétaire de piscine, l'enjeu est de maintenir l'eau dans une fenêtre étroite, entre le lait (pH 6,5) et l'eau de mer : autrement dit, très proche de la neutralité, avec une légère tendance basique.

Les substances acides (pH 0 à 6)

L'acide chlorhydrique à 1 mol/L (pH 0) constitue l'extrémité pratique de l'échelle acide. Dans la vie courante, on rencontre le jus de citron (pH 2,4-2,6), le vinaigre alimentaire (pH 2,5-2,9), le café noir (pH 5,0) et le lait (pH 6,5). La salive humaine oscille entre 6,5 et 7,4 selon les individus et le moment de la journée. Une eau de piscine qui descend sous 7,0 devient agressive : elle attaque les pièces métalliques des pompes et échangeurs, irrite les yeux et la peau, et peut décolorer les liners. En dessous de 6,8, la corrosion s'accélère nettement.

La zone neutre (pH 7)

Le pH 7 définit la neutralité chimique de l'eau pure à 25 °C. À cette valeur, les concentrations en ions H₃O⁺ et OH⁻ sont rigoureusement égales : 10⁻⁷ mol/L chacune. Dans la pratique, une eau de piscine affichant un pH exact de 7,0 est déjà trop acide pour le confort des baigneurs : le pH des larmes et des muqueuses oculaires se situe autour de 7,4. La plage 7,2-7,6 constitue donc le compromis optimal entre neutralité chimique et physiologie humaine.

Les substances basiques (pH 8 à 14)

Au-delà de 7, on entre dans le domaine basique. L'eau de mer culmine à pH 8,2. Le savon se situe entre 9,0 et 10,3, l'eau de Javel autour de 11,5, et la chaux atteint 12,5. À l'extrémité de l'échelle, la soude à 1 mol/L affiche un pH de 14,0. En piscine, un pH supérieur à 7,8 réduit drastiquement l'efficacité du chlore : à pH 8,0, moins de 20 % du chlore introduit reste actif sous forme d'acide hypochloreux (HOCl). L'eau devient trouble, les dépôts calcaires se forment sur les parois, et les baigneurs ressentent des irritations.

L'essentiel

  • L'échelle de pH est logarithmique : un écart d'1 unité = une acidité ×10, pas une simple graduation.
  • Pour une piscine, la plage optimale se situe entre 7,2 et 7,6 : en dehors, le chlore perd son efficacité et les baigneurs ressentent une gêne.
  • pH et dureté de l'eau (TH) sont deux paramètres distincts : les confondre peut dégrader le liner et les équipements.
  • Le testeur électronique (type Deuba, plage 5,5–9,0) offre une précision à ±0,1 unité, bien supérieure aux bandelettes (±0,5).
  • Les produits d'entretien courants couvrent tout le spectre : du vinaigre (pH 2,5) à l'eau de Javel (pH 11,5).

Valeur du pH normal de l'eau de piscine : la plage à respecter absolument

La valeur du pH idéale pour une piscine se situe entre 7,2 et 7,6. Cette fourchette ne sort pas d'un manuel arbitraire : elle résulte d'un triple compromis entre l'efficacité de la désinfection, le confort des baigneurs et la protection des équipements.

À pH 7,4, le chlore se trouve majoritairement sous forme d'acide hypochloreux (HOCl), l'espèce chimique la plus active contre les bactéries, virus et algues. Dès que le pH grimpe au-delà de 7,6, l'équilibre se déplace vers l'ion hypochlorite (ClO⁻), environ 80 à 100 fois moins efficace. À pH 8,0, moins de 20 % du chlore total reste sous forme active. Un bassin peut donc afficher un taux de chlore « correct » au testeur tout en étant pratiquement non désinfecté, simplement parce que le pH est trop haut.

Côté confort, le pH des larmes et des muqueuses humaines avoisine 7,4. Une eau trop acide (pH < 7,0) pique les yeux et agresse la peau. Trop basique (pH > 7,8), elle provoque des sensations de sécheresse cutanée et d'irritation oculaire.

Enfin, les matériaux d'une piscine : liner, joints, pièces métalliques de la pompe et du filtre : sont conçus pour une plage de pH relativement étroite. Un déséquilibre prolongé accélère la corrosion ou favorise l'entartrage, réduisant la durée de vie des équipements de plusieurs années.

Pour approfondir ces mécanismes, consultez notre article dédié : pH signification : définition et valeurs clés pour votre piscine.

Pourquoi viser un pH entre 7,2 et 7,6 en piscine

La raison première est chimique : le couple HOCl/ClO⁻ bascule autour de pH 7,5. En dessous de 7,2, le chlore est certes très actif mais l'eau devient corrosive, et le chlore se dégage plus rapidement sous l'effet des UV. Au-dessus de 7,6, le chlore s'oxyde moins efficacement et laisse le champ libre aux micro-organismes. La fenêtre 7,2-7,6 maximise la durée d'action du désinfectant tout en respectant les muqueuses et les matériaux. Cet équilibre est à vérifier une à deux fois par semaine en pleine saison, et après chaque épisode de pluie ou de forte fréquentation.

Conséquences d'un pH trop acide sur l'eau et les équipements

Un pH inférieur à 7,0 rend l'eau agressive. Concrètement, les pièces métalliques : vis, échangeurs thermiques, échelles : subissent une corrosion accélérée. Les liners PVC peuvent se décolorer ou se fragiliser. Les baigneurs ressentent des picotements oculaires et des démangeaisons cutanées. Le chlore, bien que très actif chimiquement, se volatilise plus vite sous l'effet du rayonnement solaire, obligeant à des réapprovisionnements plus fréquents. À pH 6,5, une eau de piscine est aussi acide que le lait, ce qui n'a rien d'anodin pour un bain prolongé.

Si vous rencontrez un ph piscine 6.8 que faire, il est essentiel d'agir rapidement pour rétablir l'équilibre de l'eau.

Conséquences d'un pH trop basique : trouble de l'eau et inefficacité du chlore

Au-dessus de 7,8, le chlore actif chute brutalement. L'eau devient laiteuse, des dépôts blanchâtres (tartre) se forment sur la ligne d'eau, dans les canalisations et sur les parois. Le filtre s'encrasse plus vite. Les baigneurs peuvent ressentir des irritations dues à la combinaison d'un chlore peu actif et de précipités calcaires en suspension. Le correcteur à utiliser est alors un pH- (bisulfate de sodium ou acide chlorhydrique dilué), dosé selon les indications du fabricant et la contenance exacte du bassin.

Cas pratique : rééquilibrer le pH d'une piscine de 50 m³ : scénario chiffré

Prenons un cas concret, représentatif de ce que rencontrent chaque été des milliers de propriétaires. Une piscine enterrée de 50 m³ (8 m × 4 m × 1,6 m de profondeur moyenne). Le pH mesuré un matin de juillet affiche 8,0. L'eau est légèrement trouble et les baigneurs de la veille se sont plaints d'irritations. L'objectif est de ramener le pH à 7,4.

Ce scénario illustre tous les mécanismes décrits plus haut : à pH 8,0, le chlore est pratiquement inopérant, les carbonates précipitent, et les muqueuses réagissent. La correction ne s'improvise pas : un surdosage de pH- ferait chuter le pH sous 7,0, créant un nouveau problème plus grave encore. Voici les trois étapes méthodiques à suivre, avec les outils adaptés.

Étape 1 : mesurer le pH avec un testeur fiable (plage 5,5 à 9,0)

Un testeur électronique comme le Deuba (référencé sur Manomano, 2026) couvre la plage pH 5,5 à 9,0 avec une précision de ±0,1 unité. Il mesure également le chlore de 0,2 à 3,5 ppm. Pour notre bassin, la mesure confirme pH 8,0 et un taux de chlore libre à 1,5 ppm : correct en apparence, mais très peu actif à ce pH. Les bandelettes colorées donneraient une lecture approximative (±0,5 unité) qui compliquerait le dosage. Le testeur électronique évite ce flou. Avant toute mesure, rincer la sonde à l'eau claire et effectuer le relevé à 30 cm de profondeur, loin des buses de refoulement.

Étape 2 : choisir le bon correcteur de pH selon la valeur mesurée

Un pH à 8,0 appelle un pH- (réducteur de pH), généralement du bisulfate de sodium en granulés ou de l'acide chlorhydrique dilué pour les grands bassins. Le choix entre les deux dépend du type de piscine et des recommandations du fabricant du produit. La quantité à ajouter se calcule en fonction du volume d'eau (50 m³), de l'écart de pH à corriger (de 8,0 vers 7,4, soit 0,6 unité) et du pouvoir tampon de l'eau (TAC). Aucun dosage universel n'existe : chaque produit affiche ses propres équivalences sur l'emballage. Respecter scrupuleusement ces indications, sans chercher à « forcer » la correction en une seule fois.

Étape 3 : ajouter le produit, patienter et re-mesurer

Verser le pH- dilué devant les buses de refoulement, filtration en marche, en procédant par petites quantités espacées de 4 à 6 heures. Ne jamais vider la totalité du doseur d'un coup. Après 24 heures de filtration continue, une nouvelle mesure au testeur électronique donne pH 7,4. Le chlore libre, toujours à 1,5 ppm, est désormais actif à plus de 60 % sous forme HOCl. L'eau retrouve sa limpidité en 48 heures. Ce scénario montre qu'avec un outil de mesure fiable et un dosage progressif, rééquilibrer un pH dégradé ne dépasse pas une journée : à condition de ne pas céder à la précipitation.

Échelle de pH des produits d'entretien : bien choisir selon l'usage

Le pH n'est pas qu'un paramètre de l'eau de piscine : il guide aussi le choix des produits d'entretien ménager, des détergents industriels et des produits spécifiques pour bassin. Comprendre où se situe chaque produit sur l'échelle permet d'éviter des erreurs coûteuses : comme l'utilisation d'un détergent acide sur une surface sensible aux attaques chimiques.

La logique est simple. Un produit acide dissout les dépôts minéraux (tartre, calcaire, rouille). Un produit basique dégrade les graisses et les protéines. Un produit neutre nettoie sans agresser le support. En piscine, cette classification détermine aussi le choix entre pH+ et pH- : ce sont des produits d'entretien comme les autres, simplement formulés pour corriger un déséquilibre plutôt que pour nettoyer une surface.

Détergents acides : éliminer tartre et calcaire

Les détartrants, antirouille et nettoyants WC affichent un pH compris entre 0 et 5. Leur acidité dissout efficacement les carbonates de calcium (tartre) et les oxydes métalliques. En piscine, on les utilise pour le nettoyage de la ligne d'eau ou des dépôts calcaires autour des buses. Ne jamais employer ces produits en grande quantité dans le bassin lui-même : ils feraient chuter le pH global et attaqueraient le liner. Les nettoyants acides pour piscine sont formulés spécifiquement et s'utilisent bassin vide ou sur des surfaces hors d'eau.

Détergents neutres et dégraissants : usage courant

Les nettoyants multi-usages et dégraissants doux présentent un pH proche de 7 (6 à 8). Ils nettoient sans attaquer les surfaces sensibles : joints, plastiques, revêtements de terrasse autour du bassin. Les dégraissants plus alcalins (pH 9 à 11) s'attaquent aux résidus organiques : crème solaire, sébum : qui forment un film gras à la surface de l'eau. Certains produits « choc » pour piscine combinent un pH élevé et une action oxydante pour brûler ces résidus sans perturber durablement l'équilibre de l'eau.

Produits piscine : pH+ et pH- selon le déséquilibre constaté

Le pH+ (carbonate de sodium ou bicarbonate) fait remonter un pH trop bas. Il se situe lui-même autour de pH 11-12 en solution concentrée. Le pH- (bisulfate de sodium, pH 1-2 en solution) abaisse un pH trop haut. Le choix entre les deux dépend uniquement de la mesure : pH < 7,2 → pH+ ; pH > 7,6 → pH-. Une règle simple que tout propriétaire de piscine devrait afficher près de son local technique. Le dosage doit toujours suivre les indications portées sur l'emballage, ajustées au volume exact du bassin et au TAC de l'eau.

Erreur courante : confondre pH et dureté de l'eau (TH) : un piège coûteux

Une confusion fréquente chez les propriétaires de piscine consiste à assimiler pH et dureté de l'eau, ou à corriger l'un en croyant agir sur l'autre. Le pH mesure l'acidité (concentration en H₃O⁺). Le TH (titre hydrotimétrique) mesure la concentration en ions calcium et magnésium, responsables du calcaire. Ce sont deux paramètres chimiquement indépendants, bien que leurs effets se combinent.

Le piège classique : un bassin affiche un pH parfait de 7,4 mais un TH supérieur à 30 °f (degrés français). L'eau est alors « entartrante » : le carbonate de calcium précipite sur les parois, dans le filtre et sur les résistances des pompes à chaleur, formant un voile blanc tenace. Le propriétaire, constatant ces dépôts, ajoute du pH- en pensant dissoudre le calcaire. Résultat : le pH chute sous 7,0, l'eau devient corrosive, et les dépôts persistent car le TH, lui, n'a pas bougé.

La conséquence concrète est une double dégradation : corrosion acide des parties métalliques + entartrage des surfaces chaudes. Le liner peut blanchir prématurément, les baigneurs ressentent des irritations accrues, et la facture d'entretien grimpe. La solution passe par une mesure séparée des deux paramètres, avec un testeur ou des bandelettes multi-paramètres, et une correction adaptée à chacun : pH+ ou pH- pour l'acidité, produit anti-calcaire ou séquestrant pour le TH.

Comment mesurer le pH : les indicateurs et outils disponibles

Mesurer le pH de l'eau de piscine fait partie de la routine hebdomadaire en saison. Trois méthodes coexistent, avec des niveaux de précision et des budgets très différents. Le choix dépend de la fréquence de contrôle, de la taille du bassin et du degré d'exigence du propriétaire.

Un testeur imprécis peut conduire à des corrections inadaptées. Avec une bandelette qui lit pH 7,2 alors que l'eau est à 7,6, l'utilisateur ajoute du pH- inutilement. La conséquence : un bassin qui oscille constamment autour de la valeur cible, avec des à-coups chimiques que le TAC ne parvient plus à amortir. Investir dans un bon outil de mesure, c'est économiser sur les correcteurs et préserver la longévité du bassin.

Papier pH et bandelettes colorées : simple mais imprécis

Les bandelettes trempées dans l'eau changent de couleur selon le pH. Leur avantage : le prix (5 à 15 € le lot de 50 bandelettes) et la simplicité d'utilisation. Leur limite : une précision de ±0,5 unité de pH, ce qui est insuffisant pour détecter un glissement de 7,4 à 7,6. La lecture dépend aussi de la lumière ambiante et de la perception visuelle de l'utilisateur. Pour un contrôle rapide en complément d'un testeur plus précis, elles restent pratiques. Comme seul outil de suivi, elles exposent à des erreurs de dosage.

Testeur colorimétrique liquide : la méthode classique de piscine

Le réactif au rouge phénol, ajouté à un échantillon d'eau dans un comparateur gradué, donne une coloration dont l'intensité correspond au pH. Précision : ±0,2 unité. C'est la méthode standard des pisciniers, fiable et peu coûteuse (10 à 25 € le kit). L'inconvénient : le flacon de réactif se périme (12 à 24 mois), et la manipulation demande un minimum de soin : rincer le tube, respecter le nombre de gouttes, lire la couleur rapidement avant qu'elle ne s'altère. Pour un particulier qui contrôle son bassin une à deux fois par semaine, ce niveau de précision est amplement suffisant.

Testeur électronique numérique : précision et rapidité

Les testeurs électroniques comme le Deuba (Manomano, 2026) couvrent une plage pH de 5,5 à 9,0 avec une précision de ±0,1 unité. Ils mesurent aussi le chlore (0,2 à 3,5 ppm). Budget : 15 à 50 €. Avantages : lecture instantanée sur écran LCD, pas d'interprétation visuelle de couleur, possibilité de multiplier les mesures en différents points du bassin. L'entretien est simple : rincer la sonde après chaque usage et l'étalonner périodiquement avec une solution tampon pH 7,0. Pour une piscine de plus de 30 m³ ou pour un propriétaire exigeant, cet investissement se rentabilise rapidement en évitant les surdosages de correcteurs.

Sources

Fiche pratique

Plage pH piscine recommandée7,2 à 7,6
Nature de l'échelleLogarithmique (×10 par unité)
pH neutre7,0 (eau pure à 25 °C)
Méthodes de mesureBandelette (±0,5), test colorimétrique (±0,2), testeur électronique (±0,1)
Budget testeur électronique15 à 50 € (ex. Deuba, Manomano 2026)
Fréquence de contrôle1 à 2 fois par semaine en saison
Paramètre à ne pas confondreTH (dureté de l'eau) ≠ pH

Ce guide a une portée pédagogique. Toute intervention technique (électricité, gaz, structure) doit être confiée à un professionnel certifié ou RGE.

Questions courantes

Quel est le taux de pH normal ?

Un pH normal se situe à 7,0 dans l'eau pure (neutralité). Pour l'eau de piscine, la plage normale et recommandée est de 7,2 à 7,6. Le sang humain, lui, est légèrement basique avec un pH compris entre 7,38 et 7,42, régulé de façon extrêmement précise par l'organisme (Wikipedia, 2025).

Quels sont les indicateurs du pH ?

Trois grandes familles d'indicateurs existent : le papier pH (bandelettes colorées, simple mais peu précis à ±0,5 unité), les testeurs colorimétriques liquides (rouge phénol, standard en piscine, précision ±0,2 unité), et les testeurs électroniques numériques comme le Deuba (plage pH 5,5 à 9,0, précision ±0,1 unité) (Manomano, 2026).

Quel pH pour une infection urinaire ?

Le pH urinaire normal varie entre 4,5 et 8,0 selon l'alimentation et le moment de la journée. Une infection urinaire à certaines bactéries (Proteus, Klebsiella) tend à alcaliniser l'urine (pH > 7,5). Ce paramètre est un indicateur parmi d'autres pour le diagnostic médical ; seul un professionnel de santé peut interpréter une analyse d'urine complète.

Quel pH pour le cuir chevelu ?

Le pH physiologique du cuir chevelu est légèrement acide, autour de 5,5. Les shampooings trop basiques (pH > 7) peuvent altérer le film hydrolipidique protecteur et favoriser irritations ou pellicules. Les soins capillaires affichent souvent un « pH physiologique » proche de cette valeur pour respecter l'équilibre naturel du cuir chevelu.